À propos

« Diplômée de l’école Estienne, Olivia Paroldi sort la gravure des sentiers battus et l’emmène à la conquête de nouveaux territoires. Son talent s’exprime dans des domaines tout à fait traditionnels – livre d’artiste, illustration – mais également au cœur de l’espace urbain : sur les murs des villes, dissimulé derrière les portes et les volets. Selon les moments de la journée et leur ouverture/fermeture, les pop-up d’Olivia se dévoilent ou se substituent aux regards.

Ce que combat Olivia Paroldi, c’est la méconnaissance qui entoure la gravure – dont la manipulation, du fait de sa fragilité, est souvent réservée aux seuls initiés et qui trouve difficilement sa place hors des musées et galeries spécialisées. Avec ses estampes urbaines, Olivia inverse la tendance et bouscule les applications classiques de cet art : elle rend cette technique accessible. Les notions de mémoire et de transmission sont au cœur du travail d’Olivia. Ses œuvres réalisées pour l’espace public s’inspirent de l’histoire des lieux ; elles l’illustrent. Pour cela, l’artiste recueille les souvenirs – tant individuels que collectifs – des habitants et s’en inspire. Elle donne une une image à la fuite du temps.

Un autre pan du travail d’Olivia Paroldi explore le microcosme, les similitudes entres mondes humain et végétal. Chacune de ses sculptures d’estampes contemporaines est constituée de 35 gravures sur cuivre. Colorées, semblables à des oursins, elles dévoilent par endroits des motifs, des corps. J’y vois de nouvelles formes de vie, hybrides et mystérieuses. Qui sait ce qu’elles peuvent contenir ? Cette façon de traiter la gravure, de la réduire en somme au rang de matériau et non d’œuvre finie, m’a profondément marquée. Ainsi présentée et agglomérée, entre sculpture contemporaine et origami, elle se conçoit sous un nouveau jour. J’ai aimé ce travail pour son aspect innovant et inédit : pour une fois, les métiers d’art semblent échapper au domaine du luxe et du sur mesure ! Personnellement, je suis très influencée par les idées de William Morris – à l’origine du mouvement Arts & Crafts – qui défend un artisanat accessible pour tous. De même, si je me suis fixé un but dans la vie, c’est bien celui-ci : qu’à ma mort, les métiers d’art ne soient plus méconnus mais mieux considérés et plus présents dans nos vies à tous, sans distinction de revenus ni de fortune. Olivia Paroldi me semble participer à cette ambition, en proclamant que la fragilité d’un objet n’est pas une fatalité et ne doit pas l’empêcher d’être accessible à tous. »

Fanny Duverger

Blog : Fanny Agathe Diane