Présentation
Graveuse depuis plus de 15 ans, je suis attachée à faire perdurer des gestes traditionnels ancestraux pour les mettre au service d’une liberté artistique contemporaine. La gravure est devenue, au fil des ans, mon moyen d’expression privilégié.
J’ai commencé à coller mes estampes dans les rues il y a 8 ans. Le but à ce moment là n’était pas seulement de rendre mon travail plus visible ni même de faire connaître ma technique graphique mais belle et bien de faire de la rue l’oeuvre. Une oeuvre spontanée et gratuite dont nous sommes les acteurs. En choisissant les murs de nos rues comme supports je revendique de donner à mes estampes une dimension accessible et populaire, d’œuvrer pour une forme d’art libre et offert.
La rue est le lieu qui nous rassemble spontanément, l’espace de toutes les rencontres. Collées aux murs des villes, mes images racontent un moment de vie à ceux qui veulent bien les regarder. Elles sont des petites vies de papier, imaginaires mais toujours inspirées de notre réalité, de nos émotions communes. Mes estampes vagabondent entre les pages des livres d’artistes et les murs de nos rues, libres et toujours éphémères. La gravure et l’estampe sont pour moi des moyens de rendre visible le passage du temps, par ce qu’elles donnent à voir et par ce qu’elles sont.
Mes images viennent rencontrer les regards sur les murs de nos villes, invitent les passants à ralentir leurs pas et à se raconter une histoire, quelques secondes, quelques minutes, changer le rythme trépidant de leur quotidien.
C’est également un travail de l’éphémère. Les estampes collées sur les murs, vivent avec le lieu choisi quelques mois avant que la pluie et le vent ne les fassent disparaître.
Ce temps leur aura permis de s’inscrire dans la mémoire des habitants et dans l’énergie du lieu. Cette forme d’art urbain place le lieu et l’estampe au même degrés d’importance, c’est pourquoi je choisi la plupart du temps mes lieux avant même de commencer à graver ou dessiner.
L'œuvre est complète une fois collée dans la rue. J’aime l’idée que mes créations se composent de trois éléments fondamentaux : l’estampe, la rue et le temps.
J’aime tout particulièrement leur aspect éphémères, elles n’appartiennent à personne et à tout le monde. Elles sont visibles quelques jours ou quelques mois puis se font une place dans les souvenirs des passants et du lieu.
Je dis régulièrement que la plus importante de mes matières premières est ma sensibilité d’artiste, de femme et de mère. C’est certainement la raison pour laquelle les émotions humaines liées au passage du temps sont très présentent dans mon travail.
Mes gravures mettent régulièrement en scène des enfants car ils symbolisent à mes yeux toute la force et la fragilité humaine. Mes enfants de papier se posent depuis plusieurs années sur les murs des villes du monde pour mettre en image ce qu’on ne voit pas est qui a pris racine dans l’enfance. Ils captent l’attention des passants et posent une lumière sur certaines émotions, comme un témoignage de l’humanité.
Mes estampes s’adressent à tous, elles parlent un langage graphique universel pour évoquer des thèmes qui nous unissent : enfance, construction de soi, passage du temps, errance, immigration, espérance, joie vitale…
J’aime l’idée de chercher à atteindre graphiquement un état poétique qui traduit le silence de certaines vies. Donner à voir différemment ou à voir à nouveau.
crédit photo @Sabrina Budon