L’enfant symbolise dans mon travail, la fragilité, l’innocence mais également l’espoir pur et la force de croire que tout est possible. Graphiquement, les plus jeunes n’ont pas encore le visage modelé par les conventions, leurs émotions sont lisibles sur la peau et dans le regard : ils sont une source infinie d’inspiration pour moi. Mes estampes d’enfants collées au ras des trottoirs trouvent une force particulièrement percutante dans la lumière crue de l’éclairage public. Elles attirent le regard, questionnent et provoquent un changement dans le lieu allant parfois jusqu’à changer la façon dont les passants le traverse. Nous sommes nombreux a être touchés par la détresse des populations qui traversent l’Europe aujourd’hui, fuyant la guerre ou des conditions de vie inhumaines. Mon atelier est situé à quelques mètres de cette mer devenue, malgré elle, le théâtre quotidien de ce drame. Les enfants de l’exil symbolisent l’espoir de leurs parents et de leur pays. Avant de commencer à graver cette série, j’avais en tête une liste exacte de lieux. Je savais que ces estampes ne seraient complètes qu’une fois collées sur des murs offrant une résonance à leur propos. Pour évoquer le parcours d’exil des plus jeunes, je voulais placer mes estampes sur les murs de lieux emblématiques : postes-frontières, gares routières, voies ferrées, lieux où passent aujourd'hui ces humains… Mon intention est de donner à voir, de rendre visible pour atténuer l’indifférence. J’ai débuté cette série en 2017 au Cap d'Antibes, depuis, ces jeunes personnages, porteurs de sens, ont trouvé leur place dans des lieux symboliques à travers la France, l’Italie, le Mexique, la Tunisie et les Balkans.
Ces enfants sont les miens, ces enfants sont un peu moi…

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